mardi 20 décembre 2011

Rétrospective 2011 - Les volcans

En 2011, tout comme en 2010, l'éruption de plusieurs volcans a causé des problèmes aériens à cause des nuages de cendres et de débris émis. D'autres volcans se sont réveillés après plusieurs milliers d'années de dormance. Voici un aperçu de cinq volcans marquants de 2011.

Pour plus d'informations sur les types de volcan et les termes utilisés dans cet article, vous pouvez consulter "Le monde des volcans".


Etna, Italie, 15 janvier 2011 (début)

Depuis le 15 janvier 2011, le mont Etna est entré en éruption à plusieurs reprises, dont la plus récente éruption étant le 15 novembre dernier. Le mont Etna, un stratovolcan considéré comme un volcan de la Décennie.
Source : Geology.com
Un volcan faisant partie de la liste des volcans de la Décennie est un volcan qui est considéré dangereux pour la population locale, a déjà eu des épisodes géologiques destructrices et mérite d'être mieux étudié.

Dans le cas de l'Etna, il s'agit de l'un des volcans les plus actifs dans le monde, comme le prouve son état d'activités quasi constante en 2011. De plus, les sols fertils autour de sa base ont causé une agriculture très élevée, dans une zone à risque.

Le Mont Etna est un volcan de subduction où la plaque Africaine se glisse sous la plaque Eurasienne. Cependant, il y a certaines théories indiquant que l'Etna serait peut-être un volcan de point chaud.



Grimsvotn, Islande, 25 mai 2011

Le 25 mai 2011, le volcan Grimsvotn, le volcan le plus actif d'Islande, est entré en éruption, affectant le traffic aérien en Europe. Une particularité de ce volcan est la présence de la chambre magmatique directement sous un lac glacial qui occupe l'intérieur d'une caldéra.

Comme la plupart des volcans d'Islande, Grimsvotn est un volcan créé par le point chaud d'Islande associé à du volcanisme de dorsale. Dans cette région, la plaque de l'Amérique du Nord se sépare de la plaque Eurasienne.
Source : Ministère des Affaires Étrangères d'Islande

Puyehue-Cordon Caulle, Chili, 4 juin 2011

L'éruption du 4 juin dans le complexe volcanique du Puyehue-Cordon Caulle a eu lieu le long de la faille volcanique Cordon Caulle plutôt que sur le volcan Puyehue.
Source : Big Think
Moins de deux semaines plus tard, le nuage de cendre, emporté par des vents d'ouest très fort, a traversé  les océans Atlantique et Pacifique pour faire le tour de la Terre. En Australie et en Nouvelle-Zélande, le traffic aérien a été interrompu par le nuage.

Le complexe volcanique de Puyehue-Cordon Caulle consiste en une série de volcans et de failles volcaniques qui longe la côte ouest de l'Amérique du sud, dans les Andes. Il a été créé suite à la subduction de la plaque de Nazca sous la plaque de l'Amérique du Nord.

Nabro, Érythrée, 13 juin 2011 

Le volcan Nabro est situé dans la partie Nord de la vallée du Grand Rift Africain. Après une série de tremblements de terre, avec une magnitude maximale de 5.7, le volcan Nabro est entré en éruption dans la nuit du 12 au 13 juin, heure locale. Le Nabro est catégorisé comme un stratovolcan et près du point chaud de l'Afar au Djibouti.
Source : Google Maps

Une éruption volcanique dans cette région n'était pas une surprise, la vallée du Grand Rift Africain est parsemée de volcans et est secouée par des séismes sur une base régulière. Cependant, le volcan Nabro n'a jamais eu d'éruption volcanique connue (aucune trace d'éruption au cours des 10 000 dernières années, une période connue sous le nom de Holocène). Cependant, une caldera était présente à cette endroit (un ancien volcan effondré), mais la localisation du volcan l'empêchait d'être mieux étudié et reste encore, aujourd'hui, un mystère.

10 jours après l'éruption, des rapports en provenance de l'Érythrée indiquait le décès de 7 personnes causé par les coulées de lave. Pendant plusieurs jours, les avions dans la région ont été détourné compte tenu des nuages de cendres qui se sont rendu jusqu'en Égypte et Israël.

Depuis, très peu d'informations sur la situation au volcan Nabro sont parvenus jusqu'aux scientifiques. Seuls des images satellites fournies par la Nasa permette d'analyser l'activité volcanique de Nabro, qui était encore secoué par des secousses en septembre dernier, sans signe d'une nouvelle éruption.

El Hierro, Îles Canaries (Juillet - maintenant)

À partir du 17 juillet, une série de séismes à secouée l'île de El Hierro. Entre le 20 et le 24 juillet, plus de 400 séismes ont été enregistré. Ce n'est que le 10 octobre que les enregistrements sismiques montraient l'apparition des ondes harmoniques associées à des éruptions volcaniques.

Source : CHF News

Depuis cette date, les images satellites, les analyses de l'air et de l'eau du sud de l'Île de El Hierro ont confirmés une éruption sous-marine. Celle-ci fut, à certains moments, accompagnés de débris volcaniques éjectés au-dessus de la surface de la mer.

D'après des analyses subséquentes, le point le plus élevé de ce volcan ne serait qu'à 180 mètres sous la surface de la mer. Au mois de décembre, les séismes se sont calmés mais l'éruption n'est pas encore terminée.

Comme les autres îles de l'archipel des Canaries, ce nouveau volcan est le résultat du volcanisme du point chaud des Canaries sur la plaque Africaine.


mardi 13 décembre 2011

Rétrospective 2011 - Les séismes (2ème partie)

L'année 2011 a été particulièrement marquante du côté des séismes. Pour certains, 2011 fut exceptionnelle pour la magnitude des séismes et pour leur localisation près des centres urbains. Voici donc un aperçu des séismes que 2011 nous a fait sentir. Cette liste omet plusieurs séismes, seuls les plus connus, exceptionnels ou uniques seront traités. Si vous croyez qu'un séisme devrait être présent dans cette liste, n'hésitez pas à laisser un commentaire.


Cette partie inclue les séismes survenus entre juillet et le 30 novembre 2011.


Juillet

Îles Canaries, El Hierro - 17 juillet

Malgré la faible magnitude des séismes à El Hierro, le 17 juillet 2011 marque le début d'une vague de petits séismes (plus de 10 000 séismes en 4 mois) qui a secoué l'île de El Hierro. Ces séismes sont associés à la formation d'un volcan (et possiblement d'une nouvelle île) au sud-ouest de El Hierro. Ce volcan est le résultat du point chaud des Canaries.

La surface du volcan n'est plus qu'à moins de 200 mètres de la surface de l'océan.
Source : CHF News
Depuis le mois de septembre, les séismes se sont calmé mais le volcan continue de se former. En fait, les sismographes continuent d'enregistrer les ondes harmoniques associées aux volcans. (Pour plus d'informations sur les ondes harmoniques, voir l'article sur la prédiction des éruptions volcaniques.)

Voir l'article original de Simplement Géologie.

Kirghizistan, Fergana - 19 juillet

Le séisme de 6.1 est localisé sous les montagnes Pamir, à la frontière entre le Kirghizistan et l'Ouzbékistan. Au nord des montagnes Pamir se situe la vallée de Fergana qui est partagée entre plusieurs pays.

Source : World Atlas
Ce séisme ne s'est pas produit le long d'une plaque tectonique mais plutôt le long de failles associées au mouvement de la plaque tectonique de l'Inde qui est toujours en collision avec la plaque Eurasienne. Cette situation a donné naissance à plusieurs chaines de montagnes, dont celle des montagnes Pamir Alay (ou monts Alaï).

Les monts Pamir Alay sont poussés vers le nord par la plaque Indienne, et chevauche le bloc de la vallée de Fergana (au nord). Le séisme a probablement eu lieu le long d'une faille "aveugle", une faille qui peut causer des séismes sans être visible à la surface. Cette zone n'est habituellement pas très active, avec seulement 3 séismes de magnitude supérieure à 5.5 dans les 40 dernières années. Le séisme du 19 juillet dernier est le premier à causer des pertes de vie (14 personnes, principalement en Ouzbékistan).
Source : USGS
Example d'une faille "aveugle" qui aurait pu causer le
séisme du 19 juillet au Kirghizistan

Août

États-Unis, Colorado - 22 août

Un séisme de magnitude 5.3, localisé près de Trinidad au Colorado, est survenu dans une région qui connait des tremblements de terre modéré. D'ailleurs, en 2001, le USGS a effectué une étude approfondie d'une série de séismes qui avait frappé la région en septembre 2001.

D'après la localisation, la profondeur et sa ressemblance avec les séismes de 2011, ce séisme ne serait pas relié à l'injection d'eau pour l'exploitation du méthane dans les sous-sols de la région. Il serait du à un mouvement le long d'une faille, malheureusement encore inconnue et peu étudiée, près de la zone sismique du Rio Grande.
Source : World Atlas
Voir l'article original de Simplement Géologie.

États-Unis, Mineral - 23 août

Le séisme d'une magnitude de 5.8 est survenu en début d'après-midi dans une zone qui n'est pas susceptible à d'importants tremblements de terre. Compte tenu de la géologie locale et sur toute la côte est du continent Nord-Américain, le séisme a été ressentit dans plus de 12 états américains et plusieurs provinces canadiennes.

Le séisme a eu lieu dans les Appalaches, une ancienne chaîne de montagne qui s'est créée de la même façon que d'autres chaînes de montagnes : par des collisions entre des plaques tectoniques continentales. Après un certain temps, ces processus se sont stabilisés, il n'y avait plus de collisions et les Appalaches se sont érodées.

Puisque les Appalaches ne sont plus sur une zone active, il est difficile pour les géologues de cartographier toutes les failles qui pourraient causer un séisme. En fait, ces failles ne peuvent être réellement délimitées qu'avec les données enregistrées lors de séisme, et plus il y a de séisme sur une faille, plus son processus et sa forme sont compris.

La côte est des États-Unis est couvertes de failles ayant un potentiel d'activité, mais la plupart sont recouvertes de sédiments, de végétations, d'eau, etc.

Dans le cas du séisme de Minéral, l'épicentre est situé dans la Zone Sismique de Viriginie Centrale. Cette zone enregistre plusieurs séismes de faibles magnitudes (non ressentis par la population) à tous les ans. Cependant, leur position et faible profondeur n'indique pas la présence d'une faille majeure et principale dans les régions, mais plutôt un "nuage" sismique.
Source : USGS
Les zones Rouge indiquent les régions ayant une plus grande probabilité sismique.
Voir l'article original de Simplement Géologie.

Septembre

Canada, Île de Vancouver - 9 septembre

L'Île de Vancouver, à l'ouest de la Colombie-Britannique, fait partie de la ceinture de feu du Pacifique. Cependant, pour une raison qui échappe encore aux géologues, la partie canadienne de la ceinture de feu (et nord-ouest des États-Unis) est relativement calme, avec seulement quelques séismes de faible magnitude.
Source : Ressources Naturelles Canada
Le séisme, d'une magnitude de 6.4, a été ressentit jusqu'à Vancouver mais n'a pas causé de dommage. Il a eu lieu près de la limite entre la plaque tectonique de l'Amérique du Nord et celle de Juan de Fuca. Plus d'une centaine de répliques ont été enregistrées dont le plus important, de 4.9, a eu lieu le 11 septembre.

Voir l'article original de Simplement Géologie.

India, Sikkim - 18 septembre

Le séisme de 6.9 s'est produit près de la frontière entre l'Inde et le Népal et a fait 111 morts. Plusieurs glissements de terrain ont eu lieu dans la région, bloquant des routes d'évacuation et retardant l'aide.
Source : USGS
La plaque Indienne est en collision avec la plaque Eurasienne au nord, un événement qui a donné naissance aux Hymalayas. Le séisme de Sikkim ne s'est pas déroulé à la limite entre les deux plaques, mais plutôt sur le long d'une faille transformante à l'intérieur de l'une de ces plaques. La profondeur du séisme (20 km) ne permet pas de savoir si le séisme a eu lieu à l'intérieur de la plaque Eurasienne ou de la plaque Indienne (la plaque Indienne glisse sous la plaque Eurasienne).

Octobre


Le séisme d'une magnitude de 7.1 a été suivit d'un deuxième séisme de 5.7 le 9 novembre. Il n'a pas encore été établi si le second séisme est une réplique du 23 octobre. Quelques bâtiments endommagés par le premier séisme se sont écroulé suite au deuxième, augmentant le nombre de morts et de blessés.
Source : Eastern Turkey Seismic Experiment
Iris Newspaper
Le séisme est localisé à la limite entre la plaque Arabique au sud et la plaque Eurasienne au nord. Cette géologie n'est qu'une simplification de ce qui se passe dans cette région. Plusieurs limites sont flous et la Turquie elle-même est souvent considéré comme une micro-plaque, le bloc Anatolien, coincé entre la plaque Eurasienne et la plaque Africaine.

La plaque Arabique glisse sous la plaque Eurasienne, dans un mouvement oblique vers le Nord-Est. Le séisme de Van s'est déroulé le long d'une faille bien connue et étudiée, la faille de Sitlis.

La Turquie se situe le long de plusieurs failles très actives qui, en se déplaçant, peuvent causer beaucoup de dommages et de morts.

Voir l'article original de Simplement Géologie.



Le tremblement de terre, de magnitude 6.9, près de Ica au Pérou, s'est déroulé près de la limite entre la plaque Sud-Américaine et la plaque océanique de Nazca. Celle-ci se glisse sous la plaque continentale et à l'endroit de ce séisme, la plaque Sud-Américaine absorbe une montagne sous-marine, la dorsale de Nazca.
Source : Caltech Tectonics Observatory
Puisque la chaîne de montagne sous-marine est très haute comparativement au plancher océanique, la pression exercée par la ride de Nazca contre la plaque continentale augmente plus rapidement qu'aux endroits où le plancher océanique est lisse. Le mouvement entre les deux plaques a donc certaines difficultés à s'effectuer et peut entraîner des séismes importants autour de cette zone.

Pour plus d'informations, voir l'article original de Simplement Géologie.

Novembre

États-Unis, Oklahoma - 5 Novembre

L'Oklahoma n'est pas étranger aux séismes, mais celui du 5 novembre, avec une magnitude de 5.6, est le plus puissant enregistré dans cet état.
Source : USGS
Une étude a été publié par le Oklahoma Geological Survey lorsque 43 séismes, entre 1 et 2.8 de magnitude, se sont produit à l'intérieur de 24 heures, au mois de janvier 2011. Les résultats de cet étude montrent que la corrélation entre l'arrêt de la fracturation hydraulique effectuée dans la région (pour l'extraction de gaz) et l'enregistrement de ces séismes pourrait exister. Cependant, la marge d'erreur causé par le manque de précision dans la localisation, la profondeur et d'autres paramètres, ne permettent pas de confirmer ou d'infirmer cette relation. 

En novembre, une autre vague de séisme a eu lieu, avec plusieurs petits séismes de plus en plus fort ayant précédé le tremblement de terre de 5.6. Contrairement aux séismes de janvier 2011, celui-ci est probablement dû à une faille visible. Même si Oklahoma est situé à l'intérieur du continent Nord-Américain, deux bloques continentales glissent l'un contre l'autre le long de la faille transformante de Wilzetta

Décembre

Cette section restera incomplète jusqu'à ce que le mois soit terminé.

mardi 6 décembre 2011

Rétrospective 2011 - Les séismes (1ère partie)

L'année 2011 a été particulièrement marquante du côté des séismes. Pour certains, 2011 fut exceptionnelle pour la magnitude des séismes et pour leur localisation près des centres urbains. Voici donc un aperçu des séismes que 2011 nous a fait sentir. Cette liste omet plusieurs séismes, seuls les plus connus, exceptionnels ou uniques seront traités. Si vous croyez qu'un séisme devrait être présent dans cette liste, n'hésitez pas à laisser un commentaire.

Janvier

Chili, Région d'Araucania - 2 janvier.

Un séisme de 7.1 frappe une région du Chili qui avait déjà été ébranlé par un séisme de 8.8 l'année précédente (27 février 2010). Le tremblement de terre de 2011 peu être considéré comme une réplique de 2010.
Source : USGS
Ayant eut lieu au large de la côte et à une faible profondeur, ce séisme fut dû à un mouvement entre la plaque de Nazca (sous l'océan Pacifique) et la plaque de l'Amérique du Sud.

Cette zone est reconnu pour être séismiquement très active et possède toujours le record pour le séisme avec la plus grand magnitude enregistré sur Terre (séisme de 1960, à Valvidia, magnitude de 9.5).

Pakistan, près de Dalbandin - 18 janvier

Le Pakistan se trouve à la jonction de trois plaques : plaque Indienne à l'est, la plaque Arabique au Sud qui se glisse sous la plaque Eurasienne au Nord. Le séisme du 18 janvier s'est produit le long de cette subduction (glissement sous une autre plaque) avec une magnitude de 7.2 (le plus important séisme du mois de janvier).

Source : Earthquake-Report

Février


Le séisme d'une magnitude de 6.1 est considéré comme une réplique du séisme d'une magnitude de 7.0 qui a eut lieu le 3 septembre 2010. Situé à quelques kilomètres de la ville de Christchurch, 181 personnes ont perdu la vie, 1500 blessés et plus de 100 000 bâtiments ont subit des dommages. Beaucoup de ces dommages sont liés aux glissements de terrain dans la région.
Source : GNS Science
La région de Canterbury est situé dans une zone très active. Alors que la plaque du Pacifique glisse sous la plaque Australienne au niveau de l'île Nord, le mouvement est inversé au sud de l'île Sud. Celle-ci est donc plus susceptible aux séismes compte tenu de la pression exercée par ce changement de mouvement tectonique.
Le mouvement des plaques est compensé par des failles transformantes (les plaques glissent l'une contre l'autre), causant des tremblements de terre de faible profondeur, et dévastateurs.

Voir également le séisme de Christchurch - 13 juin.

Mars


Le mois de mars est associé au séisme de Tohoku du 11 mars. D'une magnitude de 9.0, ce séisme a déclenché un tsunami dévastateur.

Le séisme du 9 mars, d'une magnitude de 7.3, fut considéré comme le séisme principal avec un séisme précurseur de 6.6, le 7 mars. Personne ne pouvait prévoir à ce moment que le séisme de 7.3 n'était lui-même qu'un séisme précurseur. Beaucoup d'énergie s'était déjà échappé grâce à ce séisme.
Source : Chris Rowan, géologue
Scientific American Blog
La plaque du Pacifique se glisse sous la plaque Nord-Américaine (également appelée Okhotsk dans cette région), associé aux mouvements des autres plaques dans la région, crée de fortes contraintes autour de l'île. Lors de la rupture du 11 mars, la plaque supérieure (Nord Américaine) s'est aplanit, causant un élargissement de l'île de 4 mètres par endroit (et l'île est maintenant plus proche des États-Unis)  et des affaissements permanents de certaines région entre 29 et 120 centimètres.

Plusieurs répliques secouent encore le Japon depuis le mois de mars, dont celui du 7 avril de 7.1 qui a fait 4 morts.


Avril


Le séisme d'une magnitude de 6.2 en Grèce s'est produit au large de Crète, dans la mer Égée.
Source : Centre Sismologique Euro-Méditerranéen
L'étoile pourpre est à l'épicentre.
La tectonique de la région est régit par plusieurs plaques et micro-plaques. La plaque Africaine se glisse sous la micro-plaque de la mer Égée et ce mouvement crée des tremblements de terre superficiels à la hauteur de l'île de Crète en particulier.
Source : USGS
Cette région de la mer Méditerranée est susceptible à des séismes de magnitude de 7.

Mai


Avec une magnitude de 5.1, le séisme de Lorca s'est produit près de la limite entre la plaque Africaine et la plaque Eurasienne.

La plaque Africaine se déplace vers le Nord-Ouest sous la plaque Eurasienne. Les séismes ressentis dans le sud de l'Espagne sont habituellement lié à ce mouvement. Dans le cas de ce séisme, la profondeur de 1 km indique qu'il n'a pas eut lieu au niveau de la plaque chevauchée, mais plus probablement le long d'une faille de surface.
Source : USGS

Juin

Nouvelle-Zélande, Christchurch - 13 juin

Ce séisme de 6.0 a eut lieu dans la même région que le tremblement de terre du 21 février (mentionné plus haut) et est également considéré comme une réplique du séisme de septembre 2010.

Les dommages n'auraient pas été aussi importants qu'ils ne l'ont été s'il n'y avait pas eu une série de tremblements de terre suivant celui du mois de février. Les bâtiments déjà endommagés et les sols fragilisés ont tourné cet événement en une catastrophe.

Heureusement, il y eut peu de vie perdus grâce aux évacuations effectués moins de deux heures plus tôt à cause d'un autre tremblement de terre.

Voir l'article original de Simplement Géologie.

mardi 29 novembre 2011

La sismologie, plus que des séismes - Reconnaître les explosions nucléaires

Le sismologue est un géologue qui interprète les traces sismiques.

Source : Indiana University
Les ondes P (compression, primaires), plus subtiles, arrivent en premier alors que les ondes S (cisaillement, secondaires) arrivent plus tard et ces deux ondes permettent de calculer la distance entre le sismographe et l'épicentre.
À l'aide de plusieurs sismogrammes, il est capable de calculer la profondeur d'un tremblement de terre et sa position à la surface de la planète.

Source : USGS
L'onde P est l'onde de compression, la première onde à être enregistrée. L'onde pP et sP
servent à calculer la profondeur d'un séisme.
À travers le monde, les sismographes peuvent enregistrer plus de 20 000 tremblements de terre par année. Ces chiffres sont conservateurs car certains tremblements de terre, avec de très petites magnitudes, surviennent tous les jours dans des régions qui ne sont pas couvertes par les sismographes.

Cependant, les sismologues ne font pas que suivre les séismes naturels. En effet, les séismes d'origine humaine peuvent être enregistrés et ont une courbe très différente d'un séisme naturel.

La sismique et les essais nucléaires

Depuis les premiers essais nucléaires aux États-Unis en 1945, les sismographes ont servi à enregistrer les effets sur les sols environnants. Puisque les sismographes peuvent voir un séisme à des milliers de kilomètres de l'épicentre, les sismologues sont les témoins privilégiés des tests atomiques effectués dans n'importe quel pays. Ces informations n'étant pas classifiées, il est important pour un sismologue de savoir faire la différence entre une signature naturelle et une plus humaine.

Le TICE (Traité d'interdiction contre les essais nucléaires, ou le CTBT en anglais) a été signé aux Nations Unis en 1996 mais n'a pas encore été enforcé. Pour l'instant, le TICE se contente d'observer, d'analyser et d'enregistrer les possibles essais nucléaires.

L'une des principales différences entre un séisme naturel et un essai nucléaire (ou de tout autre forme d'explosion) est la profondeur du séisme. Habituellement, même dans le cas d'essais souterrains, le séisme généré par une explosion se produira près de la surface ( tout au plus à quelques centaines de mètres de profondeur) alors que plusieurs tremblements de terre de même magnitude se situerait à des profondeurs d'au moins une dizaine de kilomètres.

L'une des principales caractéristiques d'un essai nucléaire est le ration onde P versus onde S. Comme le premier graphique le montre, pour un séisme d'origine naturel, l'onde P est beaucoup plus faible que l'onde S. Dans le cas d'un essai nucléaire, la force de l'explosion est telle que l'onde P va être pratiquement de la même magnitude que l'onde S, sinon plus grande.

Source : Lawrence Livermore National Laboratory
Le premier tracé montre l'enregistrement sismique pour un essai nucléaire, comparé à des séismes naturels survenus dans la même région.
Utile seulement pour les essais nucléaires?

Les sismographe ne servent pas qu'exclusivement à différencier un tremblement de terre naturel d'un essai nucléaire. En Août 2000, une pipeline de gaz naturel a explosé au Nouveau-Mexique. Des sismographes localisés à proximité ont enregistré l'événement. Les sismologues ont pu aider à retracer et analyser les événements menant au feu.

Source : New Mexico Tech
Les trois sismographes (du plus près de l'explosion au plus loin) ont enregistré trois explosions distinctes. Également visible sur les enregistrements sont les ondes associées au feu qui a suivi l'explosion #2.

En fait, avec le nombre impressionnant de séismes naturels (dus à la tectonique, aux volcans, aux effondrements naturels) enregistré à tous les ans, les sismologues sont des experts à repérer ce qui n'est pas dû aux éléments naturels. Ils sont en fait des espions à l'écoute de tout ce qui fait trembler la terre, de façon naturelle ou humains.

Pour en savoir plus...
Forensic Geophysics (bombes, explosion dans un sous-marin, essai nucléaire, etc)
Forensic Seismology supports the Comprehensive Test Ban Treaty
New Mexico Pipleine Explosion Seismic Study

mardi 22 novembre 2011

Trois beaux sites à intérêts géologiques

La géologie englobe beaucoup plus que l'étude et l'analyse d'événements destructeurs tels que des tremblements de terre et des séismes. Quelque fois, il s'agit d'expliquer des beautés naturelles.

Voici trois sites géologiques qui me fascinent particulièrement.

La cave des Cristaux Géants, mine de Naica, Mexique

Source : National Geographic

Le site de la mine de Naica a été découvert en 1794, au sud de la ville de Chihuahua. Jusqu'en 1900, l'intérêt principal de cette mine était l'argent et l'or pour ensuite faire place au zinc et au plomb.

Peu de temps avant la fermeture de la mine en 1911 (elle sera réouverte en 1922), une première cave contenant des cristaux exceptionnels fut découverte à une profondeur de 120 mètres. Cette cave est surnommée la "cave des épées" compte tenu des cristaux d'environ un mètre qui parsemaient le sol et les parois.

Ce n'est qu'en 2000 que la cave des Cristaux Géants a été découverte lorsque la construction d'un nouveau tunnel a brisé une paroi de cette caverne. Aussitôt, les responsables de la mine ont fait plusieurs démarches pour garder cette cave intact. Une porte de fer en ferme l'accès et le tunnel fut détourné.

Cette caverne naturelle s'est créée à l'intérieur d'une montagne de "pierre à chaux" (limestone), un calcaire qui se dissout facilement dans l'eau. Le limestone est reconnu pour donner naissance à des réseaux de cavernes, un peu partout dans le monde. En fait, avant la construction du tunnel, la compagnie minière avait pompé l'eau qui se trouvait dans les failles environnantes, ce qui a permit de vider la caverne et de dévoiler ses richesses.

Source : National Geographics

La taille des cristaux de sélénite est exceptionnelle : le plus grand cristal mesure près de 14 mètres de hauteur pour une largeur de 4 mètres. La sélénite est une des formes de gypse, et les cristaux se sont formés grâce à la chaleur et l'humidité ambiante. Après le pompage, la température à l'intérieur de la cave atteint les 65°C (150°F) et l'humidité est de 100%. Une personne ne peut survivre dans de telles conditions pour plus de 10 minutes sans subir des dommages physiques et mentales. La cave n'est pas ouverte au publique.

À quelques kilomètres sous la caverne se situe une chambre magmatique qui chauffe l'eau dans les cavernes, créant un lieu propice à la croissance des cristaux. D'ailleurs, depuis que l'eau a été pompée, des dommages sont visibles sur les cristaux. La compagnie minière compte sceller et submerger la caverne pour préserver les cristaux.

La Chaussée des Géants, Irlande du Nord

Cette formation, qui ne se retrouve pas uniquement en Irlande, est le résultat du refroidissement de lave chaude en contact directe avec l'eau (comme dans le cas actuel de Hawaii). Le refroidissement rapide crée, en majorité, un craquement hexagonale (structure à six côtés) du basalte ainsi formé, à cause de la contraction de la roche. Plus ce refroidissement est rapide, plus les hexagones de basalte seront petits.


Source : Travels in Ireland

D'autres structures semblables se retrouvent dans le monde. La Gorge de Garni (en Arménie) et Devil's Postpile en Californie en sont deux exemples intéressants.

Les Chutes Victoria, entre le Zambie et le Zimbabwe

Source : Victoria Falls Guide
Cliquez sur le lien pour voir d'autres images

Les Chutes Victoria ne sont ni les plus hautes (108 mètres) ni les plus longues (1708 mètres), mais en saisons de plus. elles sont les plus larges, formant un mur d'eau ininterrompu sur toute leur longueur.

La rivière Zambèze coule sur un plateau de basalte (roche volcanique très dure). Le plateau est entrecoupé de fractures qui donnent accès au grès, une pierre sédimentaire beaucoup plus friable et qui se trouve sous le basalte. Le grès se désagrège sous la force de l'eau qui coule à angle droit avec les fractures dans le basalte. Au fil du temps, la rivière a creusé 8 gorges, reculant lentement la position des chutes sur la rivière.

Source : World Heritage Sites

La vidéo suivante a été prise au "Devil's Pool", une piscine naturelle au sommet des chutes. Un rebord de basalte empêche les gens d'être emportés par le courant. Les moments les plus intéressants sont à 0:20 et à partir de 2:00. Pour ceux qui n'aiment pas les rivières, chutes d'eau et hauteurs, cette vidéo n'est peut-être pas conseillée!



Pour en savoir plus...
Les cristaux de la mine de Naica
La Chaussé des Géants
Histoire des chutes Victoria

mardi 15 novembre 2011

Le monde des volcans - Bouclier, stratovolcan, fissure, tuya...

Au cours des derniers mois, plusieurs volcans ont fait les manchettes. À chaque fois, le type de volcan en éruption était indiqué, sans plus d'explications. Un volcan de point chaud à l'île de Hierro, une fissure volcanique au Chili ou encore la caldera de l'ancien stratovolcan de Nabro, il semblerait qu'un volcan ne peut être qu'un volcan. Voici un petit guide, qui je l'espère, permettra de reconnaître les différents types de volcan.

Aperçu général du volcan

En général, un volcan se compose d'une chambre magmatique situé à plusieurs kilomètres sous le volcan, d'une cheminée volcanique, des cheminées secondaires et un cratère. Les pentes du volcan sont formés par les couches de lave refroidies qui se sont écoulées du volcan.

C'est dans la chambre magmatique que s'accumule le magma sous le volcan avant une éruption. Lorsque la pression est suffisante, le magma va remonter dans les cheminées, principale et secondaires. Le cratère est le cône par lequel s'écoule la lave.
Source

Le Volcan Bouclier

Le volcan bouclier se distingue par une apparence plate. Les pentes sont peu prononcées et les coulées de lave peuvent couvrir plusieurs dizaines de kilomètre tout autour du volcan. Les éruptions ne sont pas explosives et le volcan va se former lorsque le magma est très fluide.

Un des volcans boucliers les plus célèbres est le volcan Mauna Loa qui couvre 85% de l'île de Hawaï. Sa base est au niveau du plancher océanique et il est le plus gros volcan sur la planète.

Le volcan Nyamuragia, au Congo, qui est entré le 6 novembre dernier dans sa plus violente éruption dans la dernière centaine d'années, est également un volcan bouclier.

Source : Geology and tectonics of Þingvellir
Le mont Skjaldbreidur (Islande), dont le nom signifie "volcan bouclier"

Le Stratovolcan

Le stratovolcan, appelé également volcan composite, a une forme plus conique que le volcan bouclier, dû à la texture "pâteuse" de la lave. Cela fait en sorte que la lave coule moins vite que dans le cas du volcan bouclier, et donc, elle ne se rend pas aussi loin autour du volcan. Les différentes couches de lave vont se refroidir en alternance avec les débris volcaniques (roches, cendres, etc), ce qui forme un volcan en "couches".

Il est "l'image" modèle du volcan.

Leurs éruptions sont habituellement explosives et dévastateurs. L'une de leurs particularités sont les "bombes", des roches de taille variant entre un livre et une voiture, qui sont éjectés du volcan jusqu'à des distances de 20 km autour du volcan.

Particulièrement communs sur les zones de subduction, ils se retrouvent un peu partout à travers le monde. Ils sont également présents sur certains points chauds.

Les Monts St-Helens et Rainier aux États-Unis, le Popocatépetl au Mexique, le Mont Garibaldi en Colombie-Britannique (Canada), Mont Erebus en Antarctique, le Krakatoa en Indonésie, le mont Fuji au Japon, le Pinatubo aux Philippines, Eyjafjallajökull en Islande, les monts Etna et Vésuve en Italie ne sont que quelques exemples bien connus d'un stratovolcan.

Source : Wikipedia
Mont Popocatépetl, situé à 70 km au Nord-Ouest de la ville de Mexico.
Les Fissures Volcaniques

Les fissures volcaniques ressemblent à des failles dans le sol desquelles la lave s'échappe.

Contrairement à l'image du volcan traditionnel, une montagne, les fissures volcaniques sont plates. On les retrouve habituellement sur les fonds océaniques le long des dorsales (la dorsale médio-atlantique entre autre).

Lorsque les fissures ne sont pas associées à une dorsale, elles se retrouvent près d'un volcan bouclier. Dans tous les cas, il s'agit d'une faille qui s'ouvre sous la pression du magma.
Source : The Center for the Study of Active Volcanoes
Fissure volcanique associé au volcan bouclier de Kilauea (Hawaii)

Le Cône Volcanique

Le cône volcanique partage une caractéristique avec le stratovolcan : des pentes abruptes. Au contact de l'air, la lave va se solidifier en emprisonnant des bulles d'air dans la roche vitreuse. Le volcan est ainsi formé de cendres volcaniques et de débris, trop légers pour que la lave s'écoule du sommet, elle va plutôt sortir par les côtés. Si la lave monte jusqu'au sommet, l'éruption va ressembler à une fontaine.

Ces volcans se retrouvent habituellement à l'intérieur d'un cratère (lors d'une nouvelle éruption), ou sur les flans des autres volcans. Ils montrent alors la présence d'une nouvelle cheminée dans le volcan.

Le cône volcanique le plus célèbre est celui de Paricutin, au Mexique, qui s'est élevé au milieu d'un champ de maïs, en 1943, et a été en éruption pendant 9 ans avant son extinction. Dès sa première journée, le cône avait déjà atteint 50 mètres de hauteur. Il est exceptionnel que la vie complète d'un volcan puisse être étudiée en temps réel.
Source : USGS
Cône volcanique sur un flan du volcan bouclier Mauna Lao (Hawaii)

Les Tuyas

Les Tuyas sont des anciens volcans (éteints) de type bouclier qui sont entrés en éruption sous un glacier. La lave a fait fondre la glace autour du cratère, mais à cause du poids et de la température du glacier, la roche s'est refroidie sur place, avant de pouvoir faire fondre la glace le long des parois pour s'écouler.

Les Tuyas ont une forme particulière de "table" et sont rares puisqu'ils ne se retrouvent que dans les endroits ayant été recouverts de glaciers, en plus d'avoir une activité volcanique.

Le nom de Tuya provient du nom d'une chaîne de montagnes en Colombie-Britannique (Canada) et de Tuya Butte qui fit l'objet de la première étude géologique sur les Tuyas.

Les Points chauds


Les points chauds sont des endroits sur Terre où le volcanisme n'est pas associé à une zone de subduction. Les points chauds restent stationnaires et peuvent devenir éteint après plusieurs millions d'années.

Puisque les points chauds ne se déplacent pas, mais que les plaques tectoniques oui, les points chauds peuvent naissance à une série d'île (dans l'océan) ou une série de montagnes.

Le terme point chaud provient du fait que le manteau de la terre en cet endroit est beaucoup plus chaud qu'ailleurs, ce qui permet au magma de remonter vers la surface. Ce sont des points d'ébullition.

Un point chaud peut se développer en volcan bouclier ou en stratovolcan puisque ceux-ci dépendent en particulier de la consistence du magma.

Hawaii est l'exemple le plus connu, l'Islande, Yellowstone, et les Azores sont également des points chauds. Le volcan Nabro, en Erythrée, est situé près d'un point chaud (Afar).
Source : USGS

La Caldera

Une caldera est le nom donné au cratère d'effondrement à l'endroit d'un ancien volcan. Après une éruption volcanique, la chambre magmatique est vide et va s'effondrer sous le poids du volcan au-dessus d'elle.

Lorsque l'activité volcanique reprend dans une caldera (la chambre magmatique se rempli à nouveau, forçant les débris de l'effondrement vers le haut), un nouveau dôme va se former dans la caldera.

La caldera ne représente pas un volcan ou un cratère, elle représente un volcan qui s'est effondré. Une caldera peut se former progressivement (au fur et à mesure de l'évacuation du magma) ou de façon explosive (lorsqu'une grand partie du magma s'échapper d'un coup).

Une caldera peut être active (comme à Yellowstone) avec des déformations du sol, des geysers, etc. Elle peut éventuellement exploser (Toba). Tant que l'édifice volcanique ne sera pas à nouveau en place, on ne peut parler de volcan.
Source : USGS
Caldera Aniakchak, Alaska. La caldera a un diamètre de 10 km.

La vidéo suivante est une démonstration de la formation d'une caldera par le USGS (un ballon dans de la farine, le ballon est rempli d'air pour simuler un volcan, et l'air est expulsé pour simuler l'expulsion du magma).


Autres termes associés aux volcan

D'autres termes peuvent être associés aux volcans. En voici quelques uns.

Lahars. Les lahars sont constitués des débris et cendres volcaniques déposées autour du volcan et qui sont emportés par l'eau comme de la boue. Ces coulées sont souvent le résultat des débris dans une rivière. Très dangereuses.

Téphras. Les téphras sont les débris éjectés par le volcan. Ils prennent la forme de cendres, de roches et de blocs qui peuvent atteindre la taille d'une voiture (ces derniers sont également appelé bombes volcaniques)

Coulées pyroclastiques (nuées ardentes). Un mélange de gaz, de cendres et de blocs de tailles diverses, le tout à très haute température (au moins 500°C), qui dévale les pentes du volcan. Les nuées ardentes sont très rapides (au moins 100km/h) et détruit tout sur son passage. Ce sont les nuées ardentes qui ont tués les habitants de Pompéi lors de l'éruption du Vésuve en 79.

La vidéo suivante est un exemple d'une coulée pyroclastique lors de l'éruption volcanique de Unzen, dans la préfecture de Nagasaki au Japon, en 1991. Cette coulée a fait 43 morts.


Pour en savoir plus...
Shield Volcano (USGS)
Éruption du volcan Nyamuragira, au Congo, le 6 novembre 2011 (vidéo)
Stratovolcano (USGS)
Paricutin, the volcano born in a Mexican cornfield (livre, 1993)
Article sur les cônes volcaniques en Arizona
Tuyas : flattened volcanoes

mardi 8 novembre 2011

Les Vikings auraient-ils pu utiliser un cristal pour naviguer?

Des légendes Vikings parlent d'une "pierre du soleil" qui permettraient de naviguer même lorsque le ciel était couvert. C'est ce qui leur aurait permit de mettre le pied sur le sol nord-américain plusieurs centaines d'années avec les Européens.

Cependant, aucun outil ou "pierre du soleil" n'a été trouvé jusqu'à présent dans les tombes des rois vikings (dont certains se faisaient enterrer avec un bateau et leur trésor) ou dans les épaves de bateaux coulés. Cette "pierre du soleil" reste une légende.

Récemment, des scientifiques ont créé ce à quoi une telle "pierre du soleil" aurait pu ressembler, avec des matériaux qui leur aurait été disponible.

Source : Guy Ropars, Université de Rennes
L'utilisation en est très simple. Après calibration durant une journée où le soleil est présent, une personne n'a qu'à placer cette boite à l'extérieur et observer les deux points lumineux qu'on peut voir au fond de cette boîte. Ensuite, l'utilisateur va tourner la boite pour que les deux rayons aient la même intensité lumineuse. À ce moment, la flèche pointe vers le soleil.

Un minéral nommé Calcite

Le secret est dans le cristal utilisé dans la boite. Il s'agit d'un simple cristal de calcite, connu également sous le nom de "calcite optique" et "Spath d'Island (Iceland Spar)".

Source : Gemstone Buzz 
Cette pierre est très connu grâce à sa capacité à "dédoubler" tout ce qui est placé derrière, comme dans l'image ci-haut. Ce phénomène est la biréfringence.

Un peu de physique : la biréfringence

La lumière naturelle du soleil (non-polarisée) qui passe à travers ce cristal se sépare en deux rayons polarisés : le rayon ordinaire et le rayon extraordinaire. 

Source : Leland Standford Junior University
Scintillator Materials Group
L'intensité lumineuse pour chacun de ces rayons va varier en tournant le cristal. À un angle particulier, l'intensité lumineuse des deux rayons va être égale, à un autre angle, un va être brillant et l'autre opaque et à un autre angle, les deux rayons seront opaques (tout cela grâce à la polarité des rayons). Voir la vidéo qui démontre cette caractéristique (pas besoin de comprendre l'anglais).

Ainsi, il n'y a que deux angles pour lequel il est facile de stabiliser le crystal de manière répétitive : lorsque les deux points ont la même intensité lumineuse et lorsqu'ils sont tous les deux opaques. 

Les Vikings n'auraient eu qu'à calibrer l'appareil (en fonction de la calcite) pour que l'aiguille pointe vers le soleil à ce moment précis. Par la suite, malgré la couverture nuageuse, la lumière du soleil parviendrait tout de même à la boite et l'utilisateur n'aurait qu'à tourner la boite pour obtenir deux points de même brillance et l'aiguille pointerait vers le soleil. 

La "pierre du soleil" aurait donc pu exister grâce à la calcite, une pierre disponible un peu partout en Scandinavie.

mardi 1 novembre 2011

Séisme au Pérou - 28 Octobre 2011

Un séisme de 6.9 a frappé le centre du Pérou, vendredi le 28 octobre 2011, près de la ville de Ica, au sud-est de la capital du pays, Lima.

Source : Google Earth

La même région a été touché par un tremblement de terre d'une magnitude de 8.0 le 15 août 2007, faisant plusieurs centaines de morts et beaucoup de dommages aux structures. La ville de Pisco fut détruite à 80%.

En 2007, le tremblement de terre s'était produit à une plus grande profondeur (39 km) qu'en 2011 (23,9 km). Ces deux séismes sont considérés comme de faible profondeur. À cause de la position et le mouvement particuliers des plaques tectoniques dans cette région, le Pérou et le Chili au sud sont susceptible aux tremblements de terre importants avec le plus fort enregistré à une magnitude de 9.5 au Chili, le 22 mai 1960.

La tectonique du Pérou

Le mouvement des plaques tectoniques affectant le Pérou affecte également toute la côte ouest de l'Amérique du Sud.


Source : BC Emergency Management

La plaque de Nazca (sous l'océan Pacifique) se glisse sous la plaque de l'Amérique du Sud sur une bonne partie de la côte. La plaque de l'Antarctique fait le même mouvement dans le sud du Chili.

Ce mouvement n'est pas très différent de ce qui se produit autour de la ceinture de feu du Pacifique. La seule exception est la "ride de Nazca".

Source : USGS
La ride de Nazca


La ride de Nazca est une colline sous-marine de 1,5 km de hauteur qui passe sous l'Amérique du Sud. Au fil du temps (sur plusieurs millions d'années), la plaque de l'Amérique du Sud a dû accommoder le passage d'une telle masse. Par rapport à la topographie environnante, la plaque de l'Amérique du Sud s'est élevé de 800 mètres et les cours d'eau ont été détournés.

Contrairement à la plaque entourant la ride, celle-ci se retrouve à être plus légère que le plancher océanique et a plus de difficulté à descendre dans le manteau pour y être détruite.

Les enregistrements sismiques donnent un aperçu de ce qui se passe sous la plaque de l'Amérique du Sud.


Source : USGS
Le premier graphique montre un profil "normal" des séismes associés à une plaque océanique (dans ce cas-ci Nazca) qui se glisse sous une plaque continentale (Amérique du Sud). Les points rouges montrent les séismes de faible profondeur, les verts indiquent ceux d'une profondeur intermédiaire et les points bleus sont les séismes profonds.

La courbe suit le mouvement de la plaque océanique qui est de plus en plus profonde vers l'intérieur de la plaque continentale.

Contrairement au profil "normal", le profil du bas montre ce qui se passe à la hauteur de la ride de Nazca. Au lieu de descendre en profondeur, le plaque de Nazca est trop légère pour s'enfoncer dans le manteau.

Au lieu de se produire en profondeur, les séismes dans cette région se produisent relativement près de la surface, mais avec la même force, ce qui donne lieu à des séismes plus dévastateurs que s'ils se produisaient en profondeur.

Le séisme du 28 octobre

Le séisme s'est produit près de la côte et un tsunami, créé par un glissement de terrain sous-marin, aurait pu se produire (ce qui ne fut pas le cas) puisque la fosse accompagnant la subduction (le passage de de la plaque océanique sous la plaque continentale) est très abrupte et sujette à ce genre d'événements.

D'après des sismologues péruviens, ce tremblement de terre serait considéré comme une réplique de celui de 2007. En effet, les séismes d'importances peuvent générer des répliques à plusieurs années d'intervales à cause du relâchement de pression à un endroit et l'accumulation de pression à un autre endroit tout près.

Pour en savoir plus...
Subduction of the Nazca Ridge
Informations sur le séisme de 28 octobre 2011 (avec mise à jour régulière)

mardi 25 octobre 2011

Séisme de Turquie - 23 octobre 2011

Dimanche le 23 octobre à 13:41 (heure locale), l'est de la Turquie a été touché par un tremblement de terre avec une magnitude de 7.2. Depuis, plus de 35 répliques avec une magnitude supérieure supérieure à 4. La ville la plus proche de l'épicentre est Van et se trouve à

Bien que cet événement ait causé beaucoup de morts, de blessés et de dommages, la Turquie n'est pas étrangère aux tremblements de terre et d'autres vont survenir dans le futur.
Source : USGS
Géologie

La situation géologique de la Turquie rend ce pays vulnérable aux secousses sismiques. Le dernier tremblement de terre d'une magnitude supérieure à 7 a eu lieu en 1999, mais dans le Nord-Ouest du pays.

La Turquie se retrouve à la jonction de plusieurs plaques tectoniques. La majorité du pays fait parti du "Bloc Anatolien" qui est coincé entre la plaque Eurasienne et la plaque Africaine. Les chaines de montagnes qui couvrent le pays font généralement parti de la série de montagnes bordant le sud de la plaque Eurasienne de ouest en est, en passant par les Alpes, la Turquie est les Himalayas à l'est.

Source : BBC News
"Why Turkey suffers earthquake misery", 8 Mars 2010
Pendant longtemps, le bloc Anatolien était considéré comme faisant partie de la Plaque Eurasienne au Nord. Récemment, avec les mesures effectuées sur le terrain (observation, mesure des mouvements du sol, sismique), le bloc Anatolien a gagné le statut de microplaque.

La plaque Arabique se déplace vers le nord et pousse la plaque Anatolienne dans un mouvement anti-horaire et avec un mouvement général vers l'ouest (elle est bloquée au nord par la plaque Eurasienne le long d'une faille transformante où les deux plaques glissent l'une contre l'autre). Du côté sud, la plaque Africaine glisse sous la Turquie.

Le séisme du 23 octobre dernier s'est produit le long de la frontière entre la plaque Arabique et la plaque Eurasienne, le long de la déformation "Bitlis-Zagros". La plaque Arabique glisse sous la plaque Eurasienne et c'est un déplacement dans ce mouvement qui a probablement causé le séisme principal.

Comme pour tous les séismes importants, plusieurs répliques se font sentir sur plusieurs jours, voir plusieurs semaines après le premier séisme.

Pour en savoir plus...

Géologie de la Turquie : Geology of Turkey, A Synopsis

mardi 18 octobre 2011

La zone sismique de New Madrid - un survol

Le 23 août 2011, un séisme a secoué la Virginie (voir l'article original). Plusieurs personnes ont aussitôt cru qu'il s'agissait de la zone séismique de New Madrid qui s'activait.

Malheureusement, la zone de New Madrid (ZSNM) est toujours active, même si ce n'est pas elle qui était en cause lors du séisme de la Virginie. Localisée dans la vallée du Mississippi, cette zone est célèbre pour être le lieu de 4 des plus importants tremblements de terre en Amérique du Nord. De plus, ces quatre séismes se sont produits entre le 16 décembre 1811 et le 7 février 1812.

lundi 10 octobre 2011

Prédire les éruptions volcaniques

Au cours des dernières mois, plusieurs volcans ont fait les manchettes. Certains ont connu une période d'éruptions volcaniques, avec tous les problèmes que cela a entraînés (Grimsvotn en Islande, Puyehue-Cordon Caulle au Chili, Nabro en Érythrée) et d'autres n'ont que menacé d'entrer en éruption (Mont Hekla en Islande).

Contrairement à la sismique, plusieurs études dans les dernières années permettent maintenant aux volcanologues de prédire si un volcan va ou non entrer en éruption. Le seul problème est la contrainte de temps. Les prédictions ne sont pas assez avancé pour dire si l'éruption aura lieu dans deux semaines ou trois mois, mais elles peuvent avertir la population locale d'évacuer à quelques heures de l'éruption.

Aujourd'hui, des volcanologues ont annoncé que le volcan el Hierro pourrait déjà être en éruption, basé sur des changements dans les séismes enregistrés.

mardi 4 octobre 2011

L'île de Hierro - Éruption potentiel du volcan?

Mise à jour - 25 juin 2012


Le nombre de séisme d'une magnitude supérieure à 2.0 a atteint un sommet aujourd'hui avec 88. Ceci pourrait impliquer une nouvelle éruption. Le 6 octobre 2011 avait enregistré 88 séismes.


Les premières analyses des épicentres des séismes montrent un cheminement du magma du nord jusqu'au sud-ouest de l'île, en passant sous le vieux volcan situé sur l'île. Pour qu'une nouvelle éruption se produise dans le volcan sous-marin en développement depuis 2011, le magma doit encore se déplacer vers le sud. earthquake-report


Mise à jour - 14 novembre 2011


L'éruption sous-marine continue toujours. Le sommet du nouveau volcan en formation est à environ 70 mètres de la surface, mais il projette des colonnes d'eau à plus de 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans les derniers jours, des roches ont également été projetées dans ces colonnes. Une analyse des débris rocheux par les experts montrent le potentiel explosif du volcan.


Sous l'île de Hierro elle-même, les secousses sismiques harmoniques sont toujours présentes et indiquaient que le magma restait confiné en profondeur, à plus de 10 km. Cependant, dernièrement, les tremblements de terre sont de plus en plus superficiel indiquant une remontée du magma. Le risque volcanique de l'île se situe toutefois au nord, dans les eaux peu profondes autour de l'île.


Mise à jour - 14 octobre 2011


Des évidences d'éruption sous-marine ont été vu de l'espace. Une forte odeur de sulfure et des poissons morts à la surface de l'océan sont d'autres indications que l'éruption a présentement lieu. Les experts espèrent que cette éruption, qui a lieu par deux fissures dans le plancher océanique (à environ 1000 mètres sous la surface) va diminuer la pression dans le volcan et éviter une éruption plus dommageable à la surface de l'île. irishweatheronline 


Mise à jour - 12 octobre 2011


La situation continue d'être préoccupante. Les habitants du sud de l'île ont été évacuées vers le nord (la ville de La Restinga a été évacuée et les habitants ont passé la nuit dans une école dans la ville de Valverde) et le niveau de danger a été élevé à "Rouge". 


Les secousses harmoniques ont changé dans les dernières heures. Elles sont moins fortes qu'auparavant mais continue d'être présentes.

vendredi 9 septembre 2011

Séisme Vancouver - 9 septembre 2011

Les informations actuelles (13h15 heure locale du Pacifique) sont préliminaires et des mise-à-jour seront effectuées si de nouvelles informations sont disponibles.


Mise à jour à 15h18


La magnitude du séisme est passé de 6.7 à 6.4, ce qui en fait le 9ème séisme avec une magnitude supérieur à 6 dans les 125 dernières années. Le plus récent séisme dans la région est survenu en 2001, dans la région de Seattle avec une magnitude de 6.8.

Aucun dommage n'a été rapporté, ni blessé. Le séisme à été ressentit jusqu'à Seattle.

mardi 6 septembre 2011

Un volcan artificiel pour refroidir la planète - Quand les scientifiques imitent la nature

Cette article ne traite pas d'un sujet géologique per se, mais plutôt de la manière qu'un groupe de chercheurs tentent d'imiter un événement géologique, le volcanisme, pour contrôler le climat planétaire.

Bref aperçu des effets d'un volcan sur le climat

Après l'éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991, la température de la Terre s'est refroidie de 0.5°C (1°F) pendant 3 ans. Ce refroidissement était dû à l'injection de SO₂ (dioxide de soufre) et de cendres dans la stratosphère qui bloquaient les rayons du soleil. Depuis, la température globale de la planète est retournée à la normale grâce à la dispersion de ce nuage de gaz.

mardi 30 août 2011

Séisme du Colorado - 22 août 2011

Moins d'une journée avant le séisme en Virginie du 23 août 2011, le Colorado a ressentit un tremblement de terre de 5.3. Ce séisme a déclenché une série de 15 plus petits tremblement de terre sur les cinq jours suivants. Tout comme le séisme de Virginie, celui du Colorado s'est produit à une faible profondeur (4 km).


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