dimanche 17 avril 2011

La géophysique aide à délimiter le panache de Yellowstone

Cette semaine, une étude faite par l'université de l'Utah a été publiée indiquant que le panache de magma sous Yellowstone est plus large que précédemment calculé. Les calculs avaient été fait à l'aide de relevés sismiques, et ces résultats viennent d'être complété par des relevés électromagnétiques. La différence entre les résultats des deux types de relevés peut être vue ici.

À l'exception de la grosseur du panache (en rouge sur les deux graphiques), la direction et la forme de cette bulle de magma est confirmée par la deuxième étude. Pour plusieurs personnes, la différence pourrait être perçue comme importante et une preuve que le supervolcan de Yellowstone est sur le point d'exploser, ce qui n'est pas le cas.



Le problème des supervolcans

Un volcan est une structure géologique que la plupart des gens pourraient reconnaître. Un cône de roche qui crache de la roche liquide, le magma. Les volcans d'Hawaï, le Pinatubo, l'Etna et le Eyjafjallajökull ne sont que des exemples.

Sous le volcan, il y a une chambre rempli de roche liquide. Il y a plusieurs explications à la présence de ces chambres à des endroits précis, comme un point chaud (Hawai), ou la fonte de la croûte océanique qui glisse sous la croûte continentale (la majorité des volcans autour du Pacifique, dont le Mount St-Helens aux États-Unis).

Les "supervolcans" sont des volcans qui ont la capacité d'éjecter une très grande quantité de lave et de cendres volcanique lors d'une éruption. La lave peut couvrir de très grandes zones et dans l'histoire de la Terre, certaines éruptions ont causé des changements importants dans le climat global.

Après l'éruption, les chambres de magma maintenant vidés, s'écroulent sur elles-mêmes pour former une "caldera", une sorte de vallée dans le paysage.

Il n'y a que six volcans sur la Terre qui ont été placés dans cette catégorie, mais aucun d'entre eux n'indiquent l'imminence d'une éruption catastrophique, malgré une constante activité géothermal (ex. geyser), des séismes et des éruptions volcaniques qui se comparent aux centaines d'autres volcans dans le monde.

Relevé sismique vs relevé électromagnétique

Les relevés sismiques et électromagnétiques utilisent des appareils et des méthodes très différentes pour caractériser le sol. Dans plusieurs situations, les résultats de l'un va confirmer les observations de l'autre, mais bien souvent les deux vont se compléter et apporter une nouvelle lumière sur ce qui se passe.

Les relevés sismiques calculent la vitesse d'une onde dans le sol. Plus la matière est dense (comme un socle rocheux), plus l'onde va être rapide. Si on est dans du sable, l'onde va être lente. Chaque matériel à sa propre vitesse.

Les relevés électromagnétiques vont calculés les changements dans le champ magnétique terrestre et dans son champ électrique, pour un endroit précis de la surface de la terre (endroit où on installe les appareils de mesures). Dans ce type de relevé, plusieurs mesures sont prises sur des périodes de temps plus ou moins longues (quelques heures ou quelques semaines, quelques fois des mois). Dans la majorité des cas, si la vitesse de la roche est grande, il est probable que la résistivité est grand, et vice-versa.

Par contre, dans le cas des relevés sismiques, si une couche rapide se retrouve au-dessus d'une couche lente, celle-ci ne sera pas identifiable. Dans le cas de l'électromagnétisme, même si la couche est résistive, cela n'empêchera pas de voir en-dessous.

Dans ces deux cas, la distance entre les appareils affectent la profondeur d'investigation. Plus la distance est grande, plus la profondeur possible sera grande.

Le panache de Yellowstone

Les études électromagnétiques de Yellowstone ont délimités un panache plus large que les données de sismiques. Cela ne veut pas dire que l'une ou l'autre des méthodes est moins efficace que l'autre. Cela ne fait que mettre en évidence qu'il y a quelques chose de différent dans la zone que seul l'électromagnétisme à délimité. Selon l'étude, cela pourrait être due à une fusion partielle de cette zone, versus une roche compétente (le socle rocheux) et le magma liquide.

Pour les curieux, voici une liste des supervolcans actuels

Yellowstone, Wyoming, États-Unis : attrait touristique par excellence, les geysers sont faciles à observer car prévisibles, peut-être le plus connu dans cette catégorie.

Long Valley, Californie, États-Unis : beaucoup d'activités sismiques et de mouvements de roches depuis 1980, son activité est suivi de près et un plan d'urgence a été préparé. Aucun risque imminent d'éruption. Vous pouvez suivre les dernières nouvelles ici.

Valles Caldera, Nouveau-Mexique, États-Unis : l'activité sismique actuelle est reliée à la proximité d'un système de failles

Lac Toba, Sumatra, Indonesie : sa dernière éruption est peut-être la plus grosse éruption volcanique dans les 25 derniers millions d'années sur Terre, et a causé un changement climatique significatif. Une théorie dit que cette éruption aurait causé la disparition de 60% de la population humaine, mais ce ne sont pas tous les scientifiques qui sont d'accord.

Lac Taupo, île nord de la Nouvelle-Zélande : l'activité géothermal (eau chauffé par la chaleur de la terre) de ce volcan est utilisé pour produire de l'électricité

Aira Caldera, île de Kyushu, Japon : contient un des volcans les plus actifs du Japon

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire