lundi 2 mai 2011

Les argiles sensibles au Québec

Le 11 mai 2010, une famille a perdu la vie lors d'un glissement de terrain survenu à St-Jude au Québec. Les argiles sensibles (quick clay) ont aussitôt été pointées du doigt.

Les argiles sensibles se retrouvent le long de la vallée du St-Laurent, dans le fjord du Saguenay et au Lac-St-Jean, en plus de la région d'Ottawa. Elles se retrouvent dans le lit de l'ancienne mer de Champlain, à ne pas confondre avec le Lac Champlain qui est un relent de cette mer.

Au Québec, les risques associés aux argiles sensibles sont plus importants que pour un tremblement de terre.



Formation des argiles

Les argiles se retrouvent dans toutes les parties du monde. En termes simples, il s'agit d'une farine de roche contenant un très grand pourcentage d'eau. La farine est ensuite transportée par un cours d'eau vers une mer ou un océan, au fond desquels elle va se déposer. Comme les morceaux de roches plus gros et plus lourd vont se déposer près des "rives", la fine farine va se déposer plus loin et y être concentrée.

En se déposant au fond d'un océan ou d'une mer, des particules de sel se mélangent à la farine de roche. Le sel crée un squelette à la structure et l'argile est solide. L'argile peut être utilisé pour produire de la céramique, des pots de terre cuite, de la brique, etc.

Les argiles sensibles

Les argiles sensibles se retrouvent dans les pays nordiques, aux endroits où il y a eut des glaciation. La Russie, le Canada, la Norvège et la Suède ne sont que quelques pays qui doivent prendre en compte la présence d'argiles sensibles avant de construire des bâtiments.

Lorsque les glaciers étaient présents dans ces pays, le croûte terrestre s'est enfoncée sous le poids de la glace. De plus, le mouvement de la glace (les glaciers ne sont pas immobiles) a permit l'érosion et l'abrasion des roches de surface, créant la farine de roche nécessaire à la formation d'argile.

Avec le temps et le réchauffement climatique, les glaciers ont fondu, créant des cours d'eau qui ont transporté la farine dans les mers, comme pour les argiles normales.

Par contre, puisque les glaciers ne sont plus aussi pesant sur la croûte, celle-ci a graduellement remonter. Les lacs d'eau salée et les fjords situé sur les continents se sont lentement vidés vers les océans. Les argiles se sont donc retrouvées hors de l'eau.

Avec la pluie et les rivières d'eau douce, les argiles se sont progressivement débarrassées du sel qui permettait aux argiles de se tenir. La végétation a pris racine dans ces zones et les argiles se sont retrouvées sous des couches de terre "normale".

Conséquences

Lorsque les argiles perdent leur sel, elles sont beaucoup moins stables. Un tremblement de terre, la construction d'une maison ou d'une rue peuvent affecter le peu d'équilibre restant dans les sols. Comme les argiles contiennent beaucoup d'eau, les argiles vont se liquéfiées et causer des glissements de terrain.

De plus, si une rivière passe dans une zone d'argiles sensibles, celles-ci seront vidés des derniers sels qu'elles contiennent, et le glissement de terrain commencera près de la rivière pour se propager plus ou moins loin à l'intérieur des terres. Lors d'une période de pluie intense, ou de la fonte d'une neige épaisse, le même effet peut être produit.

Au Québec

Le glissement de terrain de St-Jean-Vianney en 1971 a été causé par des argiles sensibles. Des fortes pluies ont nettoyées les argiles de leur sel et le sol s'est liquéfié. La zone est maintenant interdite à l'habitation, et des études pour comprendre pourquoi les argiles se sont liquéfiées ont permis de délimiter d'autres zones à risques dans l'ancien bassin de la mer de Champlain. La ville de Lemieux en Ontario fut évacuée suite à cette étude, et d'importants glissements de terrain quelques années plus tard ont eut lieu sans perte de vie.

Le plus important glissement de terrain du aux argiles de Champlain a eut lieu à Notre-Dame-de-la-Salette en 1908.

Une bonne partie de la population du Québec se retrouve le long de la vallée du St-Laurent, dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean et dans la vallée de l'Outaouais, toutes des régions qui faisaient partie du bassin de l'ancienne mer de Champlain. La plupart des cartes établies après 1971 pour délimiter les zones à risques élevés de mouvement des sols, ont été fait dans les zones habitées. En plus de 30 ans, ces zones ont évoluées et des endroits à risques faibles, comme St-Jude, ont montré l'importance de garder un oeil ouvert pour n'importe quel type de mouvement de terrain et d'en aviser les MRC. Celles-ci gardent d'ailleurs des cartes précises des zones à risques de glissement de terrain.

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