mardi 28 juin 2011

Phénomène rare dans les déchets miniers, bas taux d'oxygène.

L'attitude générale envers les activités minières, au Canada, a beaucoup changée au cours des dernières décennies. Auparavant, une compagnie minière pouvait ouvrir une mine à ciel ouvert, ou souterraine, dans n'importe condition, en autant qu'elle soit propriétaire du site. Lorsque la mine n'était plus rentable, les propriétaires laissaient les choses en place et quittaient les lieux, sans rien nettoyer.

Heureusement, la réglementation canadienne a énormément changée depuis et les compagnies minières, avant même de commencer l'exploitation d'une mine, doivent avoir l'argent nécessaire pour nettoyer et décontaminer le site de la mine à la fin de sa vie. (Quoique certaines compagnies abandonnent les mines et ce sont les gouvernements qui finissent par payer pour le nettoyage.)

Malgré cela, plusieurs sites ont été abandonnés à leur sort avant que la réglementation n'entre en fonction, ce qui veut dire que plusieurs anciennes mines causent des problèmes environnementales encore aujourd'hui.


Les déchets miniers

Lors de l'exploitation d'une mine, beaucoup de roches, qui ne contiennent pas le métal recherché, se retrouvent dans d'immenses buttes.

Si des précautions ne sont pas prises, l'eau de pluie va s'infiltrer dans la butte de roches inutiles, va laver la buttes de toute sa poussière qui va se retrouver dans la rivière la plus proche. De plus, dans les mines de métaux (or, argent, nickel, cuivre, fer, etc), la roche peut "rouiller" au contact de la pluie et de l'air. L'eau qui ressort de cette butte est acide et peut contenir du cyanure (le cyanure sert à séparer l'or de la roche), et d'autres composés toxiques.

Ces problèmes sont généralement bien connu et des méthodes pour empêcher la pollution existent et peuvent être appliquées avec succès. (Application d'une membrane étanche sous la butte, bassin de récupération de l'eau polluée, construction d'un fossé de récolte de l'eau provenant de la butte, etc.)

D'autres problèmes sont beaucoup moins connus.

Taux d'oxygène près des mines

La présence d'une grande quantité de roches réactives à l'air et la pluie dans une butte peut causer un phénomène assez rare : un manque d'oxygène dans l'air.

Les buttes ne sont pas composées d'une roche uniforme, massive, avec une seule face en contact avec l'air ambiant. On parle de cailloux, de grosseur variant entre le grain de sable à des roches de la grosseur d'une maison. Chacune de ses roches a plusieurs faces en contact avec l'air (l'air circule à travers des buttes de déchets miniers, comme l'eau de pluie).

Dans le cas de déchets des mines de métal, la roche est très réactive. En contact avec l'air, les métaux restant vont se transformer en gaz en utilisant l'oxygène présent dans l'air, et en dégageant de la chaleur. Habituellement, les vents et la circulation de l'air en général va permettre à l'air débarrassée d'oxygène de se renouveler et aucun problème ne sera perçu.

Habituellement, la combinaison de manque d'oxygène et de la chaleur dégagée par la réaction chimique va rendre l'air plus léger et se déplacer vers le haut, et l'air sans oxygène va être rapidement et facilement dissipée. Cependant, dans ce rares cas, la roche des buttes va contenir certains minéraux (comme des carbonates) qui vont dégager des gaz plus lourd que l'air ambiant, et ces gaz (sans oxygène) vont se retrouver coincés à l'extérieur de la butte, dans les fossés autour de celle-ci.

Les gaz dégagés n'émettent aucune odeur, et des animaux insouciants et du personnel de maintenance pourrait se retrouver dans ces zones avec un bas taux d'oxygène et subir les conséquences d'un manque d'oxygène.

Exemple

J'ai rapidement parlé de ce phénomène de taux bas d'oxygène dans l'air à cause d'un incident s'étant passé à la mine Sullivan, près de Kimberly en Colombie-Britannique, en mai 2006. Quatre personnes y ont trouvé la mort à cause de ce phénomène qui était méconnu jusqu'à ce moment.

Cet événement m'a beaucoup marqué puisqu'il est survenu quelques mois avant de devenir géophysicienne et, comme mon travail m'emmenait sur les lieux d'anciens sites miniers, des précautions supplémentaires devaient être prises pour éviter de recréer ce genre d'incident.

Pour en savoir plus, un rapport, en anglais, est disponible sur ce site internet.


Si vous avez des questions, vous pouvez laisser un message en bas de cet article, ou m'écrire à catherine@simplegeo.ca

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