mardi 17 janvier 2012

Les lacs d'eau douce en Antarctique

Dans les derniers jours, une équipe de quatre scientifiques britanniques sont revenus d'une "simple" mission en Antarctique : préparer le terrain pour forer trois kilomètres de glace au-dessus d'un lac d'eau douce. Le forage aura lieu lors du prochain été austral, au mois de décembre 2012.

Ce n'est pas la première fois qu'un forage a lieu dans les glaciers de l'Antarctique pour atteindre un des 140 lacs d'eau douce du continent. Une équipe russe prévoit d'ailleurs atteindre la surface du Lac Vostok, le plus grand lac de l'Antarctique, au cours du mois de janvier 2012 ou au mois de décembre.
Source : Popsi.com
Cependant, le forage britannique se fera grâce à de l'eau chaude, plutôt qu'avec du kérosène et des anti-gels (un mélange utilisé par les Russes pour garder le trou ouvert entre les saisons). Ceci permettra un meilleur contrôle des contaminants une fois la surface de l'eau atteinte.

Ces recherches ont une importance tant du côté environnemental que géologique. La pression des glaciers sur les lacs permet une concentration de l'oxygène et de nitrogène dans l'eau à 50 fois plus grand que dans les autres lacs d'eau douce sur la planète. Ceci obligerait les formes de vie enfermées dans ces lacs depuis des milliers d'années de se développer en parallèle du reste de la planète, sous des conditions extrêmes semblables à ce qui existe ailleurs dans le système solaire (les satellites Europa et Enceladus sont des exemples connus).

Plusieurs théories existent sur la formation des lacs en Antarctique, et obtenir des échantillons du fond de ces lacs permettra d'en connaître plus sur l'histoire géologique du continent. La pression des glaciers aurait forcé la couche du dessous a se transformer en eau. Une autre théorie serait la fonte des glaciers sous l'action de la chaleur du manteau, dans le context d'un rift.

Un rift en Antarctique

Une zone de rift sépare l'Antarctique Ouest de sa partie Est.
Source : Journal of Geological Society
Evolution of Neogen volcanism and stress patterns in the glaciated West Antarctic Rift, Marie Byrd Land,
Antarctica
La chaîne de montagne Transantarctique (une chaîne de montagnes plus hautes que les glaciers) délimite sa bordure Nord-Est est le système est recouvert de près de 4 kilomètres de glace par endroit et le socle rocheux se retrouve près de 1 kilomètre sous le niveau de la mer. Cette région est également parsemé de volcans actifs, dont le mont Erebus est le plus célèbre, ce qui laisse croire aux scientifiques que l'avancement du rift serait au même niveau que le Grand Rift Africain.

Le lac de Ellsworth se retrouve tout près de la bordure nord de ce rift et les échantillons qui seront prélevés dans les sédiments du lac par l'équipe britannique aidera probablement à l'étude du rift, et si la chaleur provenant du processus du rift (la croûte terrestre s'amincit suffisamment pour que la chaleur du manteau réchauffe le sol) joue son rôle dans la formation du lac.

Le continent Antarctique, de par sa localisation et la présence de glacier, reste un continent pleins de mystères. Après tout, malgré le mouvement des glaciers qui broient le sol sous eux, il existe toujours des chaines de montagnes massives sous les glaciers, des lacs d'eaux douces et probablement des volcans actifs. À la surface du glacier, le continent Antarctique est majoritairement plat et ces formations n'ont été repérées que par les méthodes géophysiques (radar, sismique, électromagnétisme, etc.)

Pour en savoir plus...
Lake Ellsworth website
Controverse sur le forage au lac Vostok
Article sur l'activité volcanique en Antarctique
Les secrets de l'Antarctique

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