mardi 27 mars 2012

Séisme du Chili - 25 mars 2012

Source : USGS
Le 25 mars 2012, un séisme d'une magnitude de 7.1 a secoué la région de Maule au Chili.

Le séisme a eu lieu le long de la zone de subduction (chevauchement) entre la plaque de Nazca à l'ouest, sous la plaque de l'Amérique du Sud (à l'est).

Cette zone de subduction a donné naissance à certains des plus importants séismes enregistrés, dont celui du 27 février 2010 (magnitude de 8.8) qui a eu lieu dans la même région, et le séisme de Valdivia en 1960 (magnitude de 9.5, le plus important séisme jamais enregistré).

L'une des raisons de ces importants séismes le long de la côte ouest de l'Amérique du Sud est la vitesse de déplacement des plaques. La plaque de Nazca se déplace vers l'est à raison de 80 mm (3 pouces) par année alors que la plaque de Juan de Fuca (dans le Pacifique, au sud-ouest du Canada) glisse sous la plaque tectonique de l'Amérique du Nord de 43 mm par année.


Séisme de Oaxaca, Mexique - 20 mars 2012

Mise à jour - 2 avril 2012 - 12h30, heure avancée du Pacifique

Une réplique de 6.3 a secoué la région touchée par le tremblement de terre du 20 février. Le séisme a été ressenti jusqu'à la ville de Mexico et des dommages substantiels aux bâtiments sont à craindre. Pour l'instant, il n'y aurait aucune perte de vie.

Article original

Le 20 mars 2012, un séisme d'une magnitude de 7.4 a secoué la côte ouest du Mexique. 
Source: USGS
Ligne rouge : dorsale ; ligne pourpre : zone de subduction ; ligne verte : faille transformante
Dans la zone du séisme, trois plaques sont en jeu. La plaque de l'Amérique du Nord, sur laquelle repose le Mexique, chevauche la plaque de Cocos (au sud du Mexique). Au niveau de l'Amérique Centrale, la plaque des Caraïbes chevauche également la plaque de Cocos, mais à une vitesse différente de la plaque Nord-Américaine, ce qui crée une zone transformante au sud du Mexique.

Une faille transformante est créée lorsque deux plaques glissent l'une contre l'autre plutôt que de s'éloigner (dorsale) ou de se chevaucher (subduction).

Le séisme du 20 mars, à 7.4, est le résultat du glissement de la plaque de Cocos sous la plaque de l'Amérique du Nord, consistant avec la profondeur du séisme de 20km. Les mouvements entre les plaques se fait souvent graduellement, mais quelque fois ces mouvements ressemblent à des soubresauts, causant de fortes secousses.

Le sud du Mexique est une région qui n'est pas étrangère aux séismes. Deux séismes de 8.0 ont été ressentit, l'un en 1985 (le séisme ayant causé le plus de morts et de dommage, avec plus de 9500 personnes ayant perdu la vie) et l'autre en 1995 (49 personnes décédées). Un séisme de 7.6 en 2003 a fait 29 morts. Ces séismes ont eu lieu plus près de la ville de Mexico que celui du 20 mars 2012. 

Le plus important séisme du Mexique est survenu en 1932, près de la ville de Mexico (magnitude de 8.4). 

Plusieurs séismes importants au Mexique peuvent avoir des répercussions jusqu'à la ville de Mexico. Cette ville étant construite au-dessus d'un ancien lac, le sol est sensible aux vibrations qui peuvent causer d'importants dommages et pertes de vie.

mardi 20 mars 2012

Le volcanisme au Canada - Points chauds et volcans

Malgré son apparence calme, le Canada a un très grand potentiel volcanique. Même si l'est du pays est loin de toutes les zones de subductions ou d'extension, l'ouest du Canada se situe dans la ceinture de feu du Pacifique.

Cette position particulière permet la présence de volcanisme le long de la côte ouest. Cependant, comme pour les séismes, le Canada compte très peu de volcans ayant montré une activité importante au cours des deux cents dernières années. Ceci est principalement dû au faible mouvement de subduction de la plaque de Juan de Fuca sous la plaque Nord-Américaine.

En plus des volcans dans l'ouest du pays, le Canada a à faire avec des points chauds.

Les points chauds

Les points chauds sont des endroits dans la croûte terrestre où un diapir se forme. Ce diapir est une bulle de roche qui remonte à la surface car elle est moins dense que la roche environnante. Dans le cas d'un point chaud, le diapir est fixe et c'est le mouvement des plaques tectoniques au-dessus du diapir qui donnent naissance à une chaine de volcans.
Source : USGS
modifié d'un dessin par Maurice Krafft, centre de volcanologie, France
Les volcans plus proche du point chaud sont jeunes et actifs alors que les éléments plus loin du point chaud sont éteints et plus vieux, et subissent les effets de l'érosion car il n'y plus d'activités pour les garder intacts.

Certains de ces points chauds ont influencés le paysage canadien, dont les deux plus connus sont ceux de Anahim et de New England.

Point chaud de New England

Le point chaud de New England se trouve présentement au milieu de l'océan Atlantique, sur la plaque Africaine. Les monts sous-marins associés à ce point chaud portent deux noms : la chaîne sous-marine de New England sur la plaque Nord-Américaine, et la chaîne sous-marine du Great Meteor sur la plaque Africaine.

En fait, la dorsale médio-atlantique est passé par-dessus ce point chaud au fils du temps d'où la présence du point chaud sur deux plaques différentes.
Source : Mantleplume.org
Le point chaud de New England n'a pas seulement créé la chaine de montagne sous-marine, mais également les White Mountains (New-Hampshire) aux États-Unis, et les Montérégiennes au Canada. En fait les neufs collines Montérégiennes (dont les monts Royal, Saint-Hilaire et Mégantic) sont des indices de la présence du point chaud dans cette région.

Cependant, aucune de ces collines ne fut à un moment ou à un autre un volcan. Le point chaud a créé une bulle de magma qui a remonté dans la croute terrestre. Cette bulle de magma n'a jamais atteint la surface ni créé de butte. Tout s'est produit sous la surface, il n'y a pas eu de coulée de lave, ni d'explosion.

À cet époque, la région était couverte de sédiments (dû à l'érosion du Bouclier Canadien et des Appalaches). C'est dans ces dépôts que les bulles de magma se sont introduites. Par la suite, la région a été recouverte de glacier. Lors du retrait des glaciers à la fin de la dernière ère glaciaire, les glaciers et les rivières ont érodé une grande partie de la roche sédimentaire, celle-ci étant plus fragile et friable que la roche durcit provenant des diapirs.

Le résultat fut l'érosion des roches sédimentaires autour de la roche volcanique, laissant les collines Montérégiennes derrière. Sans ce processur d'érosion accéléré, les traces du point chaud ne seraient peut-être pas visible aujourd'hui.

Point chaud d'Anahim

Ce point chaud se situe actuellement en Colombie-Britannique, près de Quesnel.
Source : USGS
La série de volcans née de ce point chaud forme une ligne d'ouest en est, avec les plus vieux volcans éteints à l'ouest. La dernière manifestation physique de ce point chaud est la formation du cône de Nazko qui s'est terminée il y a 7200 ans.

Cependant, ce point chaud, qui passait jusqu'à maintenant inaperçu, s'est réveillé en 2007 avec une série de séismes dont le plus important a atteint une magnitude de 3.2. Selon les experts, ces tremblements de terre auraient été causés par un mouvement du magma à une distance de 25 à 30 km sous la surface. Aucune éruption n'est prévisible à court terme, mais plusieurs stations sismique ont été installées dans les environs pour mieux étudier le phénomène.

Les volcans

Les volcans ayant enregistrés une activité récente se situent principalement en Colombie-Britannique et au Yukon. Ces volcans sont liés à la zone de subduction de la plaque de Juan de Fuca sous la plaque Nord-Américaine (dans le sud de la province) et la subduction de la plaque du Pacifique sous la plaque Nord-Américaine (à partir du centre de la Colombie-Britannique).

Source : Ressources Naturelles du Canada
Malgré ce contexte actif, très peu de volcans se montrent présentement actifs. Mais plusieurs d'entre eux ne sont qu'en dormance. Après tout, la majorité d'entre eux font partis de la Ceinture de Feu du Pacifique.
Source : L'Atlas du Canada
Le Mont Garibaldi, situé sur la route entre Vancouver et Whistler, fait parti de la Ceinture Volcanique de Garibaldi, le membre canadien de la Ceinture Volcanique des Cascades (dont font parti le Mont Baker et le Mont St-Helenes). Le Mont Garibaldi a la particularité de s'être formé lors de la période glaciaire et ses parois utilisaient la force des glaciers pour le tenir en place. Lors de la fonte des glaciers, une partie parois du volcan se sont écroulées et l'intérieur de la cheminée volcanique peut maintenant être étudiée.

Les membres de la Ceinture Volcanique de Garibaldi (CVG) ont la possibilité d'être explosifs, de la même façon que l'éruption du Mont St-Helens en 1980. Le Mont Cayley et le Mont Meager font également partis de ce groupe. La dernière éruption explosive d'un volcan au Canada a eu lieu il y a 2350 ans au Mont Meager.

Le Mont Edziza (dans la Ceinture Volcanique de Stikine, ou CVS) est le plus haut volcan officiel au Canada. Il se bat pour ce titre avec le Mont Silverthrone (dans la CVG) dont le sommet est couvert de neige et de glacier, rendant difficile la détermination de sa hauteur réelle.

Les plus jeunes éruptions volcaniques ont eu lieu dans la CV Stikine, avec le Tseax Cone vers 1700 et le Lava Fork (aussi nommé The Volcano) vers 1800.

Certaines recherches indiquent qu'il pourrait y avoir un lieu entre l'éruption du Tseax Cone et un méga tremblement de terre d'une magnitude d'environ 9 qui aurait eu lieu le 26 janvier 1700 (aussi connu sous le nom de séisme des Cascades).

Bref, le Canada est présentement dans une période tranquille en terme de volcanisme et de séisme. Cependant, ceci peut changer d'un moment à l'autre sous les contraintes causées par la zone de subduction près de la côte ouest du pays.

De plus, l'étude des épisodes volcaniques et leurs liens avec des séismes importantes pourraient nous aider à mieux comprendre et prédire l'un et l'autre.

Pour en savoir plus...
Geological origin of the New England Seamount Chain
A hundred-million year history of the Corner Rise and the New England Seamount
New England Hotspot Map
Hotspots : mantle thermal plume (USGS)
Effusive Volcanism near Quesnel
Nazco cone
Canada Volcanoes and Volcanics (USGS)
Global Volcanism Program (note: le statut "radiocarbon" pour un volcan signifie que son éruption lors des 10000 dernières années est confirmé par une datation au carbon)

mardi 13 mars 2012

El Hierro - Énergie renouvelable et volcan

La création d'un nouveau volcan au large de l'île de El Hierro a mis dans l'ombre le projet d'énergie renouvelable sur lequel El Hierro a travaillé depuis plusieurs années. Ce projet, abordé dans un article précédent, permettra à l'île d'être indépendante du pétrole et la transforme en laboratoire et en example pour d'autres îles et pays dans le monde qui veulent passer aux énergies propres.

Cependant, malgré les conditions géologiques instables dans la région, le projet continue et sera bientôt terminé.

La plupart des informations dans cet article sont tirées du site internet (en espagnol) du consortium en charge du projet hydroéolien de El Hierro, Gorona del Viento.

Source : Thomas Net News
Énergies Renouvelables

L'idée de transformer l'île de El Hierro en une île indépendante en énergie a prit forme en 1997 et le projet approuvé en 2007.

Le parc éolien

Les conditions particulières de l'île la rendaient propice à cette tentative. Situé dans l'océan Atlantique, l'île est traversé par des vents pendant la majorité de l'année. La construction d'éoliennes (5 au total) permet de fournir l'électricité nécessaire au pompage et la distribution de l'eau douce pour l'agriculture (qui constitue la majorité des besoins énergétiques de l'île). 

De plus, il n'existe que très peu d'eau douce sur l'île. Les éoliennes fourniront de l'électricité à des stations de désalinisation de l'eau de mer pour la consommation.

Source : Gorona del Viento
Schéma du projet hydroéolien de El Hierro

Cependant, les vents ne sont pas toujours constants et le projet devait tenir en compte une façon d'entreposer l'électricité pour une consommation lors des journées sans vent. À El Hierro, cela passe dans la création d'un réservoir d'eau qui pourrait être utilisé pour fabriquer de l'hydroélectricité lorsque le besoin s'en ferait sentir. Ainsi, une partie de l'énergie obtenue par les éoliennes est dirigée vers le pompage de l'eau dans des bassins qui se transforment ainsi en "batteries" pour un usage futur.

Le 23 février 2012, Gorona del Viento publiait une photographie montrant la mise en place de la troisième éolienne.
Source : Compte Twitter de Gorona del Viento
23 février 2012, montage de la troisième éolienne 

L'hydro-électricité

Pour les journées où le vent se fait attendre, une autre solution fut d'utiliser le cratère d'un ancien volcan comme bassin d'eau. Le fond de ce bassin (nommé le bassin supérieur) a été recouvert de sable et d'une couche de feuille de PVC pour en assurer l'imperméabilité. L'eau ne peut donc s'infiltrer dans le sol et lorsque les besoins énergétiques se font sentir, l'eau va s'écouler dans des turbines qui produiront l'électricité.

Source : Jose Mesa (Mataparda), licence Creative Commons
Bassin Supérieur du projet, 16 février 2012
L'eau utilisée se retrouvera dans le bassin inférieur, avec une capacité volumique moins grande que le bassin supérieur, et sera pompée à nouveau dans le bassin supérieur lorsque les éoliennes sont à nouveau en fonction, ou sera utilisé comme source d'eau douce pour la population.

Un volcan éteint vs l'éruption volcanique près de El Hierro

Le cratère du volcan qui sert pour le bassin supérieur est situé dans un volcan éteint. En effet, ce volcan a été créé par le point chaud des Canaries (comme toutes les autres iles des Canaries) et comme la plaque Africaine se déplace au-dessus du point chaud, les anciens volcans s'éteignent. 

Ce principe est le même que pour les îles de la chaîne Hawaiienne où les anciens volcans se sont éteints et rapetissent grâce à l'érosion. Seules les volcans au-dessus ou très près du point chaud peuvent être actifs. Dans ce cas-ci, Hawaii et Maui présentent des activités volcaniques et une nouvelle île se construit au large de Hawaii (Loihi).
Source : Marine Sciences
Représentation artistique de la position du point chaud de Hawaii (situé présentement sous la montagne sous-marine de Loihi) par rapport aux îles volcaniques créés par ce point chaud. 
Depuis 2011, l'activité volcanique au large de l'île de El Hierro s'est déclenchée et un nouveau volcan est en éruption depuis. Dans quelques mois ou années, une nouvelle île pourrait naître au-dessus du point chaud des Canaries. 

Cette éruption volcanique n'affecte pas l'île de El Hierro et ne déclenchera pas une éruption soudaine dans les anciens volcans de l'archipel. Le seul lien entre ce nouveau volcan et l'île de El Hierro en particulier est la proximité entre les deux. À partir des plages de El Hierro, le mouvement de l'eau au-dessus du nouveau volcan peut être observé lors des périodes de fortes activités.

L'énergie solaire

En plus de l'énergie éolienne et hydrolique, 20% des besoins énergétiques de l'île seront fournis par des panneaux solaires connectés au réseau.

Pour en savoir plus...