lundi 5 octobre 2015

Volcan Pico do Fogo, Cap-Vert - Nouvelles Évidences d'un méga-tsunami il y a 73000 ans.

Du 23 novembre 2014 jusqu'au 8 février 2015, le volcan Pico do Fogo, sur l'île de Fogo dans l'archipel formant le Cape-Vert, était en éruption. Cet événement est passé inaperçu compte tenu que l'étendu des dommages a été contenu dans l'île même avec l'évacuation des villages de Portela et Bangaeira, tous deux situés dans la caledra du volcan.
Source : The University of Texas in Austin
Le volcan Pico do Fogo est situé sur l'île de Fogo situé à l'est de Santiago, la plus grande île de l'archipel.

Dès le 16 décembre, l'avancé de la lave avait détruit 100% de l'infrastructure de ces deux villages, en plus de détruire une grande partie de l'agriculture de la région et de contaminé de nombreuses sources d'eau potable de l'île. Quelques vols entre l'île de Fogo et l'île de Santiago (là où se trouve la capitale du pays) ont été annulés, mais aucun problème international n'a été rapporté.
Source : Smithsonian Institute, Global Volcanism Program
Les villages de Portela et Bangaeira sont situé au Nord-Ouest du sommet du volcan.
Bien que l'éruption de Pico do Fogo a eu un impact majeur sur le pays, bien peu d'information en est ressorti. Cependant, Pico do Fogo n'est pas sans importance. Il y a 73 000 ans, l'écroulement d'un des flancs du volcan (côté ouest, vers l'île de Santiago et le continent Africain) a causé un méga-tsunami avec des vagues ayant atteint 270 mètres de hauteur sur l'île voisine. 

Contexte tectonique
Pico do Fogo est un stratovolcan né du point chaud du Cap-Vert sur la plaque tectonique de l'Afrique.
Toutes les îles de l'archipel du Cap-Vert sont des îles volcaniques, mais seul Pico do Fogo est encore actif et est également le plus haut point du pays à 2829m au-dessus du niveau de la mer. La formation de l'archipel peut être comparé à celle des îles Hawai qui est également issue d'un point chaud.

Pico do Fogo et méga-tsunami
Cette semaine est paru un article dans le magazine "Sciences Advances" discutant du danger potentiel de l'effondrement d'un flanc volcanique à la lumière de nouvelles évidences d'un méga-tsunami s'étant déroulé il y a 73 000 ans et impliquant Pico do Fogo.
Parmi les évidences se trouve des blocs erratiques (des blocs rocheux se retrouvant dans un lieu sans aucun lien géologique) reposant sur l'île de Santiago, 55km à l'est de Fogo. Ces blocs, d'un diamètre variant de 1 à 8m, se sont déposés sur un plateau situé au-dessus d'une falaise de 160-190m de hauteur jusqu'à 650m à l'intérieur de l'île et 220m de hauteur. Il a été déterminé qu'ils provenanaient des faces et des pentes de la falaise sur laquelle ils sont perchés.
Les chercheurs ont déduit que ces blocs ont été déplacés par la force d'un méga-tsunami avec des vagues ayant pu atteindre 240m de hauteur à certains endroits. Pico de Fogo a été déduit comme la source de ce méga-tsunami par les évidences de l'effondrement de son flanc est (face à l'île de Santiago) et de la présence des débris de cet avalanche sous le niveau de la mer.

Ce genre de sénario pourrait se reproduire avec n'importe quelle ile volcanique au volcan toujours actif. Les tsunamis ne sont pas que le résultat d'un important tremblement de terre, mais peuvent également être causés par l'effondrement d'un volcan dans l'océan, par un glissement de terrain, etc.
De plus, cette recherche ne s'est concentrée que sur les évidences d'un méga-tsunami sur une île à proximité de l'origine, alors qu'il serait intéressant de connaitre les effets sur le continement Africain lui-même ainsi que sur le pourtour de l'océan Atlantique. Ce genre d'étude est cependant compliqué par la distance temporel entre les évidences encore présentes et le moment où cet événement a eu lieu, ainsi que l'érosion et les autres événements géologiques s'étant déroulés depuis.

Pour en savoir plus...

Hazard potential of volcanic flank collapses raised by new megatsunami evidence, Ricardo S. Ramalho, Gisela Winckler, José Madeira, George R. Helffrich, Ana Hipólito, Rui Quartau, Katherine Adena and Joerg M. Schaefer, Science Advances, October 2, 2015, Vol. 1, no. 9, e1500456 DOI: 10.1126/sciadv.1500456

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